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En 2020 : où en est-on avec le papier recyclé (ou pas) ?

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On le sait maintenant, l’avenir de l’industrie papetière ne se fera pas sans le recyclage du papier - recyclage qui fournit une partie de la réponse aux grands défis environnementaux posés par la production de papier. Il suffit de regarder les chiffres :

  • 1 tonne de papier recyclé équivaut à 3 à 5 tonnes de bois.
  • la production de papier recyclé économise aussi environ 90% d'eau et réduit de moitié l'énergie nécessaire à la fabrication du papier.
  • avec 1,2 tonne de papiers usagés, on peut fabriquer 1 tonne de papier recyclé, là où 2 tonnes de pâte à papier sont nécessaires pour produire 1 tonne de papier à base de fibres vierges.
  • si trois fois plus de livres étaient imprimés sur du papier recyclé, les émissions de gaz à effet de serre de cette industrie pourraient être divisées par deux.

Bref, trier ses papiers, c’est contribuer à une moindre consommation des ressources naturelles, à la réduction du volume des déchets et à fournir aux papetiers une matière première abondante et meilleure marché. Mais on peut mieux faire ! Car aujourd’hui, seul 1 papier sur 2 est trié.

 

Le recyclage de papier, une industrie éco-responsable

En France, où très peu d’exploitations fournissent du bois pour la pâte à papier, nous sommes contraints à en importer, entraînant un bilan carbone défavorable. Utiliser de vieux papiers pour fabriquer du papier permet donc de diminuer les tensions sur la matière bois.

Quasi-inépuisable, cette ressource est disponible à proximité immédiate des entreprises de transformation. Enfin, cette industrie assez récente et aux processus industriels performants, veille à maîtriser son empreinte écologique.

 

Mais le recyclage du papier a ses limites

Car au fil des opérations de recyclage, la qualité des fibres diminue. Une même fibre peut être réutilisée 2 à 5 fois, mais pas indéfiniment, et il faut donc réintroduire régulièrement des fibres vierges dans la chaîne de production.

 

L’autre problème avec le papier recyclé ?

C’est que nous en achetons (trop) peu ! Nos habitudes de consommation ont la peau dure, et pourtant chacun de nous a la responsabilité de faire progresser sa consommation de papier recyclé, en repensant ses usages par exemple.

Autre point faible, le papier recyclé soufre de la mauvaise réputation de ses prédécesseurs pelucheux et absorbants. Mais depuis, tout a progressé : le papier est lisse, ne peluche plus et l'utilisation en photocopieuses ou en imprimantes ne constitue plus un obstacle. Avec les nouveaux procédés de fabrication et de blanchiment sans chlore, il est même possible d'obtenir du papier recyclé blanc, adapté aux communications les plus prestigieuses.

 

Et pourtant, les bénéfices économiques du recyclage de papier sont là pour nous tous

  • L’économie du recyclage soutient l’industrie et les emplois locaux, en considérant les papiers comme une nouvelle matière première créatrice de valeur et non comme un déchet. Ainsi, l'industrie du papier et du recyclage représente plus de 90 000 emplois en France, l’emploi dans le secteur du recyclage ayant augmenté de 36% en 10 ans.
  • L’économie du recyclage est une économie d’innovation, car pour garantir la qualité du papier recyclé, les industriels du papier doivent investir.
  • L’économie du recyclage développe l’économie locale, car il est moins coûteux et plus efficace de transformer les vieux papiers à proximité de leurs lieux de collecte.

Aussi, le déclin de la filière du papier recyclé auquel on assiste en ce moment se révèle un véritable drame social et écologique.

Sur le site de la WWF, on peut lire : « La faible part des achats de papier recyclé en France pénalise le développement de l’économie circulaire locale, avec tous ses atouts de réduction d’impacts environnementaux (eau, énergie, ressources) et de création d’emplois ».

D’un point de vue global, les papeteries françaises se portent mal, avec des conséquences directes sur la production de papier recyclé. Ainsi, le papetier Arjowiggins - l’un des principaux en France à transformer les vieux papiers – a-t-il été contraint en 2019 de cesser ses activités à Château-Thierry et dans la Sarthe, où l’une de ses usines était la seule à produire certains types de papier recyclé, pour la bureautique et l’édition. Résultat, les imprimeries locales doivent désormais se fournir en papier à l’étranger, aggravant le bilan carbone.

 

Les causes du déclin

En premier chef, la dématérialisation, qui entraîne une moindre circulation de papier.

Mais ce n’est pas la seule raison. L’année 2018 a été marquée par une envolée du prix de la pâte à papier vierge, en raison d’une forte demande en Chine, entraînant de graves conséquences économiques chez nos papetiers.

Un autre frein au développement de la filière du recyclage dans la bureautique, c’est l’orientation du marché mondial vers le recyclage en emballage.

 

Alors où en est-on vraiment avec le papier recyclé ?

La France recycle environ 66% de sa production de papier, soit environ 171 kilos de papier recyclé par seconde ou encore 5,3 millions de tonnes de papier par an, faisant de l’industrie papetière la première industrie de recyclage en France.

Les matières premières utilisées par l’industrie papetière en France proviennent pour 40% des déchets de scierie et de bois d’éclaircie. Les 60% restant sont issues du recyclage.

Il n’en reste pas moins que la rareté des canaux de collecte des vieux papiers constitue le principal frein au marché. Pour le développement de la filière du recyclage, il nous faudra donc compter sur la volonté croissante de la protection de l’environnement et sur la montée en popularité du papier recyclé.

Chez Mille et Une Feuilles, nos deuxièmes meilleures ventes sont les papiers recyclés y compris le papier kraft (juste après le carton plume). Nous en vendons ainsi beaucoup plus que du papier Pollen, sachant que même ce dernier se met au recyclé !

 

Et vous, où en êtes-vous avec le papier recyclé ?

 

Mise en mots par Cécile Douay

Rédactrice Web pour Mille et Une Feuilles

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