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L'été des métiers du papier : l'enlumineur

enluminureEtes-vous paré pour une nouvelle destination dans l'univers des métiers du papier ? Attachez vos ceintures, après le calligraphe, votre papeterie créative vous emmène à la découverte du métier d'enlumineur !

 

Enluminure, du latin illuminare : l'art de mettre en lumière

L'enluminure est art qui date du Moyen-Age et qui consiste à illuminer un texte ou un document grâce à des décors riches et entièrement peints à la main, que ce soit sur du parchemin ou sur du papier.

Les enlumineurs d'aujourd'hui exercent leur talent soit à travers la restauration et la copie de manuscrits moyenâgeux ; soit à travers la création de diplômes, de menus, d'arbres généalogiques et de cartes de vœux, d'affiches, de logos et de publicités et même d'œuvres originales parfois exposées.

Il y a actuellement en France environ soixante enlumineurs professionnels.

Parmi les plus illustres, Claire Biteau-Guillemain vient d'être nommée Maître Artisan en Métier d'Art par La Chambre des Métiers de Maine-et-Loire et la Mission régionale des Métiers d’Art. Depuis son atelier installé près de Cholet, elle crée pour les particuliers, les collectivités et les entreprises, elle expose aussi, dispense des cours dans l'ouest de la France. Durant l'été, vous pouvez la rencontrer au Puy du Fou en Vendée dans son atelier situé dans le village XVIIIe siècle. Si vous passez vos vacances dans le Marais Poitevin, faites un tour à Coulon à l'Atelier du 112, un atelier-galerie qui accueille chaque été des artistes calligraphes et enlumineurs. Claire Biteau-Guillemain y expose quelques réalisations.

Une autre femme, Barbara de Monchy, s'est également fait un nom dans le domaine de l'enluminure. La fondatrice et directrice de l'INSEEM (Institut Supérieur Européen de l'Enluminure et du Manuscrit) d'Angers, le seul établissement en Europe à décerner le titre d'enlumineur, est décorée de l'Ordre National du Mérite au grade de Chevalier.

 

Histoire de l'enluminure

Dès le VIe siècle, elle est pratiquée dans les monastères, à la gloire de Dieu. Alors que l'écriture est en pleine expansion, les moines travaillent intensément à recopier et décorer les manuscrits religieux et textes d'auteurs. Naissent ainsi de véritables œuvres d'art, un patrimoine culturel et religieux.

A l'aide de pigments naturels, de feuilles d'or et d'argent, le moine enlumineur enrichit et embellit textes et lettrines calligraphiés à l'encre noire ou sépia. Pour aider à la lecture, paragraphes et chapitres sont mieux identifiés. Rinceaux, entrelacs et motifs sont empreints de messages et de symboles qui facilitent la compréhension du texte pour les non lettrés.

Les lettres historiées comportent des récits, les lettres ornées déploient des motifs végétaux et géométriques, les lettres figurées contiennent des personnages et les lettres zoomorphes des animaux.

L'art de l'enlumineur s'exprime à tous les endroits : dans les espaces laissés par le calligraphe, au début, dans le corps du texte et à la fin des pages. Les marges et bordures sont rehaussées de courbes, d’entrelacs, de rinceaux d'inspiration végétale ou animale.

A partir du XIIIe siècle, la production artistique sort des monastères et la corporation des maîtres enlumineurs est créée. Le manuscrit enluminé symbolise désormais la richesse et donne un grand prestige social à son possesseur. Les rois, les princes, les nobles et les marchands se dotent alors d'ouvrages enluminés, tels que livres de familles, bestiaires, herbiers, livres littéraires et scientifiques…

Chaque période du Moyen-Age est marquée par son style particulier : le style insulaire indique ce qui précède le IXème siècle, le style carolingien ce qui se situe entre le IXème et le Xème siècle, le style roman date les enluminures réalisées entre le Xème et le XIIème siècle, la période de transition correspond au XIIIème et le style gothique estampille le XIVème siècle jusqu'au début du XVIème.

 

Aujourd'hui, faire perdurer la mémoire et les techniques du passé.

L'enlumineur du XXIe siècle ne doit pas seulement maîtriser la mise en couleur et la pose des feuilles d'or. Il doit aussi savoir préparer son support, dessiner et calligraphier.

La qualité de son travail dépend de son talent à choisir, puis à préparer ses pigments, qui peuvent être d'origine végétale, minérale, animale, de terres ou de métaux.

Le point culminant du travail de l'enlumineur est l'application des couleurs, dont dépend toute la profondeur et la vie de son œuvre, à travers les nuances obtenues, les transparences et les contrastes, les dégradés et les pointes de lumière.

L'enluminure est un métier d'art et d’excellence. Tout en respectant des règles ancestrales et des univers médiévaux, l'enlumineur fait désormais émerger des thèmes modernes. Artiste indépendant, il fixe lui-même ses prix.

La réalisation d'une œuvre peut requérir plus de cent heures… l'enlumineur travaille avec passion, calme et patience.

 

Comment devenir enlumineur ?

La seule école d'enluminure en Europe est donc l'ISEEM d'Angers qui dispense en 2 ans la formation "enlumineur de France" et délivre un diplôme reconnu de niveau IV (niveau équivalent au bac, au bac technologique, au brevet de technicien, au brevet des métiers d'art, au bac professionnel).

Pour suivre une formation professionnelle continue, il est possible de s'adresser à des associations et à des passionnés qui proposent des stages d’enluminure.

 

Alors, envie de vous y mettre aussi ?! Peut-être y-a-t-il une initiation proposée dans votre région de vacances ?

 

Cécile Douay

Rédactrice web freelance

Crédit photo : tourisme montmorillon

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Un été culturel avec Mille et Une Feuilles : découvrez les métiers du papier – Chapitre 2

metiers-du-papier.gifNous voici au plein cœur de l'été ! Certains sont déjà revenus, d'autres partent seulement. Et quand il s'agit de passer ses vacances en famille, la culture occupe toujours un peu de place... A l'heure où la chaleur bât son plein, mais où quelques orages grondent, nous vous proposons un voyage bien au frais à travers de nouveaux musées, ceux qui nous parlent des métiers du papier.

Suivez le guide, votre papeterie créative Mille et Une Feuilles

 

Première étape : le musée du Scribe à Saint Christol Les Alès dans le Gard, à la découverte du métier de calligraphe.

On y propose de nombreux stages de calligraphie ainsi qu'une très belle collection de documents et objets liés à l'écriture. Muni d'une plume d'oie ou métallique, d'un calame (un roseau taillé en pointe) ou d'un pinceau, le calligraphe exprime sa créativité à travers les caractères latins, chinois, hébraïques et arabes. Ses productions prennent toute leur ampleur sur du papier vélin ou du parchemin. Il peut ainsi réaliser des enveloppes, des diplômes et des ex-libris (une gravure personnalisée, un blason). Des marques de luxe et des clients prestigieux - l’Imprimerie Nationale, par exemple – peuvent faire appel aux talents d'un calligraphe, mais aussi des sociétés de production pour la réalisation de génériques de dessins animés, de films ou de DVD-ROM, et des agences de création ou d'édition pour la création de logos, d'images de marques, l'illustration de livres et de magazines.

 

Deuxième arrêt : le musée du Parchemin et de l'enluminure à Rouillon dans la Sarthe qui nous dévoile le métier d'enlumineur.

Les enlumineurs sont des artistes à part entière. Leur œuvre évolue avec l'air du temps, toujours dans le respect de l'univers médiéval. S'ils exposent souvent leurs créations originales, leur activité principale se situe dans la restauration et la réplique de manuscrits. Leur talent se met également au service des particuliers et des sociétés pour la réalisation de cartes de vœux, de menus, de diplômes, d’arbres généalogiques, de logos, de publicités, d’affiches, de blasons, d’écussons… La technique de l'enluminure consiste à dessiner au pinceau ou à la plume des lettrines et des ornements sur des manuscrits, des papiers d’art ou des parchemins. Puis, l'enlumineur les met en couleur avec une peinture aux pigments naturels, parfois associée à des feuilles d’or ou d’argent.

 

Troisième découverte : la fameuse Imagerie d’Epinal dans les Vosges, la seule entreprise à perpétuer les techniques ancestrales pratiquées par l'imagier au pochoir.

Dans la déco intérieure, la technique du pochoir est utilisée pour la décoration murale ou de mobilier. L'ameublement et la mode s'en servent également pour la peinture sur tissu. L’imagier au pochoir fabrique ses pochoirs dans du carton ou du métal (un par couleur), puis il passe la couleur à la brosse, au pinceau ou au tampon. Sur les murs de nos rues, c'est aussi cette technique que les artistes graffeurs utilisent.

 

Quatrième métier : le marbreur sur papier que l'on retrouve au musée des Arts et Métiers du Livre (le musée Michel Braibant) à Montolieu dans l'Aude.

Le marbré, le marbré d’Allemagne, le marbré à fleurs, à fleurons, à tourniquets, l’Annonay, le zigzag, la plume de paon, l’œil de chat, le peigné, l’agate, le placard, le montfaucon, le caillouté… Ces différentes familles de papier marbré s'obtiennent selon la façon dont l'artisan dépose et travaille les gouttes de peinture. Explication : dans une cuve remplie d'eau épaissie par une gomme hydrosoluble ou un épaississant, le marbreur fait flotter des gouttes de peinture à l’huile ou à l’eau. Après avoir formé ses motifs, il dépose dessus le papier qui prend l'empreinte par transfert. La marbrure à la main est aujourd'hui utilisée pour la reliure artisanale, mais aussi sur des objets recouverts de papier marbré telles que des boîtes, des accessoires d’écriture, des abat-jour…

 

Cinquième et dernière station : la librairie Auguste BLAIZOT à Paris dans le 8ème arrondissement, où l'on rencontre le métier de relieur et restaurateur de reliure.

On peut y acheter de superbes reliures décorées et participer à des concours de reliure. Qu'il s'agisse de reliure courante (ou classique), de reliure d'art (ou contemporaine) ou de restauration de reliure, l'objectif du relieur est de protéger et d'embellir un livre, tout en facilitant sa consultation. La reliure courante recherche davantage la sobriété et la solidité que la créativité. De nombreux étrangers viennent se former à la reliure française, qui jouit d'une notoriété internationale. La reliure d’art, qui se concentre sur l'esthétisme, s’adresse aux collectionneurs de livres rares et aux bibliothèques publiques qui souhaitent valoriser leurs fonds. Quant à la restauration de reliure, elle est dévolue aux livres de grande valeur historique ou artistique, le restaurateur cherchant à leur redonner leur aspect d'origine.

 

Sachez que toutes les informations pour se former à ces métiers du papier sont recensées sur le site de l'Institut National des Métiers d'Art.

Profitez bien de vos vacances ! N'hésitez pas à les agrémenter d'une petite visite dans un musée du papier ou dans un moulin du papier, à partir à la découverte des imprimeurs d'art et à les ponctuer d'activités manuelles, en compagnie de notre e-book loisirs créatifs !

 

Cécile d’Orthozen

Référencement et rédaction web

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