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Eté 2013 : notre tour du monde du papier (3/4) - Au Brésil

L'industrie du papier au BrésilNous sommes passés En Finlande, au Canada, direction maintenant vers une nouvelle latitude pour continuer à explorer l'industrie du papier dans le monde. Direction le Brésil, où la première machine à papier à été installée en 1889 par Industria de Papel e Celulose de Salto.

Ce n'est un secret pour personne, l'Amazonie, le poumon de la planète, se meurt. Et avec elle la plupart des forêts tropicales dans le monde. L'exploitation des bois tropicaux pour le commerce et l'industrie du papier, l'exploitation agricole et plus précisément celle du soja, ont entraîné une déforestation massive. Et avec elle la destruction d'un écosystème où se trouvait près de 80 % de la biodiversité des terres émergées et où vivaient des dizaines de millions de personnes. Aujourd'hui, à la surface du globe, plus de 80 % des forêts primaires ont disparu…

 

Papier, eucalyptus et controverses

Fôret eucalyptus au BrésilAu Brésil, la production de papier fait l'objet de nombreuses contestations. Là-bas, pour répondre à la demande croissante de papier, les forêts natives de feuillus et de résineux sont remplacées par des plantations d'eucalyptus. Avec pour résultat la disparition d'espèces végétales et animales. Entre autres...

Pourquoi l'eucalyptus ? Avec une croissance rapide – l'eucalyptus est mature en 7 ans contre 20 à 30 ans pour les arbres de l'hémisphère nord, fournissant un papier de qualité pour l'édition, il est pour l'industrie papetière brésilienne un arbre miraculeux et savamment exploité. Tant et si bien qu'en 2010, le Brésil, producteur le plus compétitif au monde, s'est hissé au quatrième rang mondial des producteurs de cellulose obtenue à partir d'eucalyptus. Avec encore un grand potentiel d'expansion.

 

Terres agricoles et populations locales également en danger

Soutenue et subventionnée par les gouvernements à travers des projets de développement économique, la culture de l'eucalyptus a en réalité de nombreux effets dévastateurs.

Premièrement sur l'environnement et la santé. Car l'exploitation des monocultures d'eucalyptus requiert l'utilisation importante de pesticides hautement toxiques pour éviter la prolifération des maladies et parasites.

Ensuite sur les sols et les productions agricoles. Gourmandes en eau, les exploitations d'eucalyptus pompent les nappes phréatiques et les ressources en eau, au détriment des petits agriculteurs et par conséquent de la sécurité alimentaire des populations. Appauvries, dégradées, les terres deviennent inutilisables, laissant la place à des "déserts verts".

Indien chassé de ses terres au BrésilD'un point de vue humain enfin. L'exploitation de l'eucalyptus n'a finalement permis la création que d'un faible nombre d'emplois, avec un exode rural à la clé (il faut un salarié  pour 15 ha d’eucalyptus contre 30 pour 15 ha d’agriculture vivrière). Et des communautés entières ont littéralement été chassées de leurs terres, réquisitionnées par les industriels du papier.

Alors que la surface exploitée et les implantations d'usines ne cessent de croître, tribus indigènes et petits agriculteurs s'organisent pour récupérer leurs terres. A coup de pétitions et de procédures judiciaires contre les multinationales du papier.

Au Brésil, la production de papier met à mal l'environnement, la santé, la structure sociale et même les droits de l'Homme. Pourtant, le secteur y fait figure de référence en matière de développement durable et de reforestation…

 

L'industrie papetière brésilienne se dit, elle, écologiste…

Face à ces dénonciations, les industriels du papier contre-argumentent. Selon eux, ils mettent "en place les meilleures pratiques pour minimiser les mauvais effets" et l'eucalyptus "est cultivé dans des zones déjà dégradées ou carrément rasées". Autre argument avancé : la totalité de la production de pâtes et de papier est issue de forêts plantées, produisant une matière première renouvelable et permettant de lutter contre le réchauffement climatique.

L'industrie du papier contribuerait même à la préservation des forêts natives, en conservant 40 % de la forêt d'origine (contre 20 % imposé par le Code forestier brésilien). Mais aussi en pratiquant le reboisement, dans des zones séparées des forêts non exploitées afin de limiter les effets de la monoculture sur l'environnement. Les entreprises seraient également en majorité dotées de l'écolabel FSC (Forest Stewardship Council) et de programmes sociaux.

 

Mille et Une Feuilles participe à la reforestation en Amazonie

De son côté, votre papeterie en ligne agit… depuis décembre 2012, nous faisons partie d'un projet de reforestation et de conservation des forêts au Pérou. Là-bas, 20 arbres ont été plantés en notre nom…

 

La semaine prochaine, changement de cap, RDV en Asie !

 

Cécile d’Orthozen

Rédactrice web

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