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Tous ces papiers éphémères (4) : le papier d’Arménie

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Si je vous dis « benjoin du Laos » ?

Ou … « papier aux vertus antiseptiques et assainissantes » ?

Et… « petit carnet vert et jaune » ?

Oui, il s’agit bien du papier d’Arménie !

Son succès ne se dément pas depuis la démonstration réalisée lors de l’exposition universelle de Paris en 1889, qui convainquit le monde entier. Deux morceaux de viande furent placés sous deux cloches. Dans l’une, on fit brûler du papier d’Arménie. Au bout d’une semaine, la viande placée sous celle-ci était toujours bonne à consommer…

 

Une invention française

C’est un Français, Auguste Ponsot, qui est à l’origine de la création du papier d’Arménie. En 1885, de retour d’un voyage en Arménie, il rapporta de la résine de benjoin, un encens que l’on brûlait là-bas pour désinfecter et parfumer les maisons.

Avec Henri Rivier, pharmacien de son état – et qui sait, aïeul de Stéphanie (?!), il mirent au point une odeur aussi puissante que purifiante, en mélangeant dans de l’alcool à 90° du benjoin à d’autres substances - toujours tenues secrètes.

Ils imbibèrent du papier buvard avec cette solution aromatique… le papier d’Arménie était né !

 

Tradition, naturel et simplicité

Tout le charme du papier d’Arménie réside dans son parfum particulier, et plutôt agréable, qui peut évoquer pour certains la nostalgie du passé.

A l’heure où l’on dénonce les parfums de synthèse et toxiques, il séduit par son caractère écologique et naturel, mais aussi par sa simplicité d’utilisation. Pliez-le en accordéon et faites le brûler, il se consumera lentement et sans flamme.

Le papier d’Arménie incarne de nos jours un art de vivre et le bon goût, des convictions hygiéniques et écologiques.

 

Une fabrication artisanale de 6 mois

Depuis toujours, il s’agit de la même recette de fabrication, du parfum jusqu’à la couverture verte et jaune du petit carnet. Et du même atelier de production à Montrouge près de Paris où œuvrent 8 personnes.

Tout commence avec la résine de styrax, un arbre qui pousse notamment au Laos et qui peut atteindre 20 mètres de haut. Cette résine est dotée de propriétés antiseptiques grâce à l’acide benzoïque qu’elle contient.

Elle est mise à macérer durant 2 mois dans de l’alcool à 90°. On y ajoute ensuite 7 à 8 ingrédients aromatiques pour former une solution parfumée.

Le papier, quant à lui, n’est plus un simple buvard. Il est fabriqué et imprimé en Allemagne à partir d’une fibre d’origine naturelle. Il est conçu pour résister aux mouillages successifs et fixer les essences dans ses fibres. Il est certifié FSC.

Arrivé à l’atelier, il est trempé à la main dans deux bains : le bain parfumé, qui donne au papier sa couleur acajou et le bain de sels composé d’une solution saline naturelle, qui permettra la combustion lente de la feuille.

Après le séchage, qui s’effectue dans des appareils en fonte datant du début du 20e siècle, les feuilles sont mises sous presse pendant 1 mois.

Au bout d’un parcours de 6 mois, elle sont prêtes à être perforées, découpées et assemblées. Grâce à la mécanisation récente du brochage, la production a pu être augmentée, afin de répondre à la demande grandissante de ce fameux petit carnet.

 

Laisser brûler les p'tits papiers, papier de riz ou d'Arménie …

 

Cécile Douay

Freelance rédaction blog

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