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L'été des métiers du papier : le relieur

papier-pour-reliureVotre papeterie créative vous a déjà présenté le calligraphe, l'enlumineur et l'imagier au pochoir. Poursuivons notre voyage estival à travers les métiers du papier avec celui de relieur !

Le travail du relieur consiste à habiller un livre afin de le protéger, de faciliter sa consultation, mais aussi de l'embellir. Pour cela, il doit posséder une sensibilité artistique, faire preuve de minutie et bien évidemment s'intéresser au monde du livre.

Contrairement au brochage, qui n'est pas aussi solide, la reliure consiste en la couture de cahiers, la pose de plats rigides ou flexibles non solidaires du corps d'ouvrage et d'un matériau pour les recouvrir.

Dès les débuts de la reliure, l'objectif fut certes de protéger les écrits, mais aussi de travailler l'esthétisme des livres. Aussi, les premières couvertures des ouvrages religieux se sont rapidement ornées d'ivoire, d'émail, de feuilles d'or et d'argent. Des livres ainsi reliés et décorés ont donné naissance à de véritables œuvres culturelles et artistiques.

 

La reliure aujourd'hui

Aujourd'hui en France, la reliure à la main (reliure courante et reliure d'art) rassemble 1 800 professionnels répartis dans environ 240 ateliers de reliure manuelle, alors que l'ensemble du secteur (reliure industrielle, semi-industrielle et artisanale) représente 400 ateliers. 2/3 des relieurs travaillent seuls, tandis que seulement 4 à 5 ateliers dénombrent plus de 30 personnes. La Bibliothèque Nationale de France, le Sénat, l'Assemblée Nationale et certains musées possèdent leurs propres ateliers. Un relieur peut ainsi être soit artisan, soit fonctionnaire, soit salarié.

Il peut exercer son art dans trois domaines, définis selon l'usage du livre et le type de reliure :

  • La reliure courante, ou classique. C'est la plus pratiquée et celle qui demande le moins de créativité. Les bibliothèques, ministères, mairies et particuliers qui commandent ce travail ont besoin d'un rendu sobre et solide. De notoriété internationale, notre reliure française attire beaucoup d’étrangers qui viennent se former chez nous. C'est un marché porteur.
  • La reliure d’art, ou contemporaine. Elle connaît une belle expansion économique. Son objectif est de valoriser un livre, de lui donner davantage d'esthétisme. Les bibliophiles, les collectionneurs de livres rares et certaines bibliothèques publiques qui souhaitent valoriser leurs fonds sont les commanditaires les plus courants de cette reliure artisanale.
  • La restauration de reliure est dédiée aux livres endommagés et ayant une grande valeur historique ou artistique. Selon la déontologie, le restaurateur cherche à leur redonner un aspect similaire à leur état d'origine, afin de conserver leur valeur documentaire et artistique. De plus en plus d'ateliers s'ouvrent dans ce domaine.

 

A l'origine de la reliure, le livre

La reliure est apparue entre le IIe et VIe siècle après J.C., suite à la naissance au Ier siècle du codex, cet ensemble de feuilles pliées en cahiers, que l'on relie ensuite pour former le livre-objet que nous rangeons aujourd'hui sur nos étagères. La reliure est alors cet acte essentiel de l'assemblage des cahiers, nécessaire à leur lecture, mais surtout à la conservation des écrits : elle permet que la mémoire perdure à travers les âges.

Au VIe siècle, l'artisan relieur ne faisait que relier les cahiers et poser les deux plats de la future reliure, constitués de planchettes en bois. Celles-ci étaient ensuite recouvertes de cuir, de toile ou de métal, parfois consolidées par des renforts métalliques et équipées de fermoirs. L'orfèvre ou l'émailleur finissaient de donner toute leur splendeur à la couverture.

Ainsi, les nombreuses couvertures fabriquées au Moyen-Age ont fortement influencé l'art de la reliure et inspirent encore nos relieurs contemporains.

Au XVe siècle, les reliures deviennent plus raffinées, rehaussées d'étoffes luxueuses (soie, velours, brocart), de broderies et de pierres précieuses, de fermoirs finement ciselés.

A la Renaissance, l'art de la reliure atteint un très haut niveau de perfection. Grâce au savoir-faire réputé de ses relieurs, la France devient une référence dans le monde du livre en Europe. François 1er fait créer une école de reliure artistique, propageant ainsi le style français.

L'arrivée de l'imprimerie marque le plus grand développement de l'art de la reliure, mais aussi du métier de relieur. Alors qu'entre 1490 et 1535, il y avait à Paris 140 relieurs, on en comptait 200 entre 1550 et 1585. En 1539 est même créée la prestigieuse fonction de relieur du roi.

Avec l'usage plus courant des livres et la diminution de leur taille, la reliure s'allège de ses éléments lourds. Les ais de bois sont remplacés par du carton, la reliure doit gagner en rentabilité et en rapidité d’exécution pour assurer la diffusion du livre. Désormais, les libraires commandent en série des volumes reliés.

Aux XIXe et XXe siècles, l'art de la reliure devient plus scientifique. Les connaissances technologiques plus poussées complètent le savoir-faire artisanal et permettent la mise en œuvre de techniques de conservation préventive et de restauration des livres.

Un tournant s'opère au XXe siècle, avec l'arrivée de la reliure de création qui donne une plus grande liberté au relieur. S'affranchissant des normes de la reliure d'art traditionnelle, il peut enfin créer une reliure en accord avec les idées développées par l'écrivain dans le livre. Cette nouvelle génération de relieurs s'exprime désormais avec de nouvelles techniques et de nouveaux matériaux.

 

Deux femmes relieurs à l'honneur

Envie de découvrir la reliure en images ? Découvrez le travail de deux femmes relieurs françaises :

Aude Quéré, artisan Relieur dans le 18e à Paris : Vidéo A la rencontre de ...

et Nathalie Lemaitre, relieur Meilleur Ouvrier de France à Paris : Vidéo A la rencontre de ...

 

Devenir relieur

Du CAP arts de la reliure au diplôme supérieur d'arts décoratifs, il existe en France plusieurs formations initiales au métier de relieur. Quiconque souhaite se reconvertir dans ce métier d'art et acquérir une qualification professionnelle peut aussi suivre une formation continue. Toutes les informations nécessaires sont disponibles auprès de l'Institut National des Métiers d'Art.

 

Une bonne idée à souffler à un jeune à l'aise avec le travail manuel, vous ne trouvez pas ?

 

Cécile Douay

Rédaction web

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Un été culturel avec Mille et Une Feuilles : découvrez les métiers du papier – Chapitre 2

metiers-du-papier.gifNous voici au plein cœur de l'été ! Certains sont déjà revenus, d'autres partent seulement. Et quand il s'agit de passer ses vacances en famille, la culture occupe toujours un peu de place... A l'heure où la chaleur bât son plein, mais où quelques orages grondent, nous vous proposons un voyage bien au frais à travers de nouveaux musées, ceux qui nous parlent des métiers du papier.

Suivez le guide, votre papeterie créative Mille et Une Feuilles

 

Première étape : le musée du Scribe à Saint Christol Les Alès dans le Gard, à la découverte du métier de calligraphe.

On y propose de nombreux stages de calligraphie ainsi qu'une très belle collection de documents et objets liés à l'écriture. Muni d'une plume d'oie ou métallique, d'un calame (un roseau taillé en pointe) ou d'un pinceau, le calligraphe exprime sa créativité à travers les caractères latins, chinois, hébraïques et arabes. Ses productions prennent toute leur ampleur sur du papier vélin ou du parchemin. Il peut ainsi réaliser des enveloppes, des diplômes et des ex-libris (une gravure personnalisée, un blason). Des marques de luxe et des clients prestigieux - l’Imprimerie Nationale, par exemple – peuvent faire appel aux talents d'un calligraphe, mais aussi des sociétés de production pour la réalisation de génériques de dessins animés, de films ou de DVD-ROM, et des agences de création ou d'édition pour la création de logos, d'images de marques, l'illustration de livres et de magazines.

 

Deuxième arrêt : le musée du Parchemin et de l'enluminure à Rouillon dans la Sarthe qui nous dévoile le métier d'enlumineur.

Les enlumineurs sont des artistes à part entière. Leur œuvre évolue avec l'air du temps, toujours dans le respect de l'univers médiéval. S'ils exposent souvent leurs créations originales, leur activité principale se situe dans la restauration et la réplique de manuscrits. Leur talent se met également au service des particuliers et des sociétés pour la réalisation de cartes de vœux, de menus, de diplômes, d’arbres généalogiques, de logos, de publicités, d’affiches, de blasons, d’écussons… La technique de l'enluminure consiste à dessiner au pinceau ou à la plume des lettrines et des ornements sur des manuscrits, des papiers d’art ou des parchemins. Puis, l'enlumineur les met en couleur avec une peinture aux pigments naturels, parfois associée à des feuilles d’or ou d’argent.

 

Troisième découverte : la fameuse Imagerie d’Epinal dans les Vosges, la seule entreprise à perpétuer les techniques ancestrales pratiquées par l'imagier au pochoir.

Dans la déco intérieure, la technique du pochoir est utilisée pour la décoration murale ou de mobilier. L'ameublement et la mode s'en servent également pour la peinture sur tissu. L’imagier au pochoir fabrique ses pochoirs dans du carton ou du métal (un par couleur), puis il passe la couleur à la brosse, au pinceau ou au tampon. Sur les murs de nos rues, c'est aussi cette technique que les artistes graffeurs utilisent.

 

Quatrième métier : le marbreur sur papier que l'on retrouve au musée des Arts et Métiers du Livre (le musée Michel Braibant) à Montolieu dans l'Aude.

Le marbré, le marbré d’Allemagne, le marbré à fleurs, à fleurons, à tourniquets, l’Annonay, le zigzag, la plume de paon, l’œil de chat, le peigné, l’agate, le placard, le montfaucon, le caillouté… Ces différentes familles de papier marbré s'obtiennent selon la façon dont l'artisan dépose et travaille les gouttes de peinture. Explication : dans une cuve remplie d'eau épaissie par une gomme hydrosoluble ou un épaississant, le marbreur fait flotter des gouttes de peinture à l’huile ou à l’eau. Après avoir formé ses motifs, il dépose dessus le papier qui prend l'empreinte par transfert. La marbrure à la main est aujourd'hui utilisée pour la reliure artisanale, mais aussi sur des objets recouverts de papier marbré telles que des boîtes, des accessoires d’écriture, des abat-jour…

 

Cinquième et dernière station : la librairie Auguste BLAIZOT à Paris dans le 8ème arrondissement, où l'on rencontre le métier de relieur et restaurateur de reliure.

On peut y acheter de superbes reliures décorées et participer à des concours de reliure. Qu'il s'agisse de reliure courante (ou classique), de reliure d'art (ou contemporaine) ou de restauration de reliure, l'objectif du relieur est de protéger et d'embellir un livre, tout en facilitant sa consultation. La reliure courante recherche davantage la sobriété et la solidité que la créativité. De nombreux étrangers viennent se former à la reliure française, qui jouit d'une notoriété internationale. La reliure d’art, qui se concentre sur l'esthétisme, s’adresse aux collectionneurs de livres rares et aux bibliothèques publiques qui souhaitent valoriser leurs fonds. Quant à la restauration de reliure, elle est dévolue aux livres de grande valeur historique ou artistique, le restaurateur cherchant à leur redonner leur aspect d'origine.

 

Sachez que toutes les informations pour se former à ces métiers du papier sont recensées sur le site de l'Institut National des Métiers d'Art.

Profitez bien de vos vacances ! N'hésitez pas à les agrémenter d'une petite visite dans un musée du papier ou dans un moulin du papier, à partir à la découverte des imprimeurs d'art et à les ponctuer d'activités manuelles, en compagnie de notre e-book loisirs créatifs !

 

Cécile d’Orthozen

Référencement et rédaction web

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