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La série de l’été (2/6) : Un été sans papier ? ...

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La série de l’été (2/6) : Un été sans papier ? Et sans papiers d'identité ?!

La série de l’été (2/6) : Un été sans papier ? Et sans papiers d'identité ?!

Si vous partez en voyage cet été, vous aurez bien sûr pris soin de glisser dans la valise vos papiers d’identité - passeports ou cartes d’identité ! Indispensables pour prouver votre identité lorsque vous passerez la frontière, ou en cas de contrôle.

 

Petite histoire de la carte d’identité

La première carte d'identité française est apparue en 1921, avec Robert Leullier, préfet du département de la Seine. Auparavant, toute démarche officielle requerrait la présence de deux témoins. Difficultés de mise en place, condamnation par la presse de gauche dénonçant la prise de l'empreinte digitale, perçue comme une assimilation du citoyen à un délinquant, la carte d’identité ne restera alors que facultative.

Au début de la Seconde Guerre mondiale, le gouvernement de Vichy rend la carte d’identité obligatoire, dans le cadre des mesures antijuives. En 1943, elle est étendue à toute la France, et délivrée par les autorités allemandes d'occupation.

En 1955, la carte d'identité disparaît partiellement et redevient facultative sur tout le territoire français. Ce n’est qu’en décembre 1995 que la carte sécurisé est à nouveau généralisée, rendue gratuite en 1998.

 

Les origines du passeport

On trouve mention du passeport dès 450 av. J.-C, dans le Livre de Néhémie. Néhémie (officiel servant le roi Artaxerxés de l'antique Perse), ayant demandé la permission de voyager en Judée, se vit remettre une lettre du roi adressée « aux gouverneurs de la province par-delà la rivière » leur demandant de le laisser passer à travers leurs territoires.

Le terme « passeport » remonte au XVe siècle, permettant alors la libre circulation des marchandises. Son utilisation pour les voyageurs date de 1464. Le mot composé de « passe » et de « port », n’évoquait pas les ports marins, mais le document médiéval requis pour passer les portes des villes fortifiées.

Sous le règne de Louis XIV, l’administration du roi délivrait aux Français des documents appelés passe-port, sollicitant la protection des autorités des autres nations.

À partir de 1724, les vagabonds devaient obligatoirement détenir un passeport. Puis, après la révolution, le passeport devint nécessaire pour quiconque se déplaçait à l'intérieur de la France, de province à province. Objectif : lutter contre l'émigration royaliste. Il existait alors des passeports pour l'intérieur et des passeports pour partir à l'étranger (cinq fois plus chers !).

Avec la création du chemin de fer et des voyageurs de plus en plus nombreux à circuler à travers l'Europe, l'usage des passeports pour l'intérieur fut peu à peu abandonné à partir de 1860.

En août 1914, tous les États rétablissent des formalités strictes. Elles se maintiennent tout au long de la Première Guerre mondiale et deviennent ensuite permanentes. À nouveau pour des raisons de contrôle : surveiller les étrangers et empêcher d'échapper à la conscription.

Après la Seconde Guerre mondiale, les formalités de passeport sont uniformisées au niveau international.

 

La fabrication du passeport

C’est à Flers-en-Escrebieux, sur un site ultra-sécurisé, que l’Imprimerie Nationale de Douai fabrique nos papiers d’identité. 25 millions de cartes d’identités, passeports, permis de conduire, titres de séjours, cartes d’agents et certificats d’immatriculation en sortent chaque année.

Opérateur industriel reconnu, l’Imprimerie Nationale est devenue une entreprise numérique innovante. On y fabrique des passeports en papier, mais aussi des cartes en polycarbonate infalsifiables, on y intègre des puces électroniques, des QR codes, des informations gravées au laser…

Le passeport biométrique fait l’objet d’une impression papier haute sécurité : filigrane, guilloches, irisation invisible révélée sous UV, hologrammes, micro lettrage, encre optique variable, image fantôme, image lenticulaire, micro-impression, impression relief en taille douce, perforation laser. Rien que cela !

 

De la tentation de fabriquer une fausse carte d'identité

Que risque-t-on à fabriquer une fausse carte d’identité ? Vous savez, celle que l’on est susceptible, étant jeune, de fabriquer pour entrer en boîte de nuit ou au casino… changeant sur sa carte réelle son année de naissance d’un coup de Photoshop ou de Paint.

Ce faisant, l’on se rend coupable d’usage de faux, sévèrement sanctionné par les tribunaux. Quelles sont les sanctions encourues ?

  • 2 ans d’emprisonnement et 30 000 € d’amende pour la simple détention d’un faux.
  • 5 ans d’emprisonnement et 75 000 € d’amende (art. 441-3, code pénal) s’il s’agit de plusieurs faux.
  • 7 ans de prison et 100 000 € d’amende pour l’utilisation de faux.
  • Mêmes risques pour la fabrication de faux documents délivrés par une autorité publique (article 441-5 du Code pénal).

La justice se révèlera plus clémente avec les moins de 16 ans, pour qui les peines encourues sont divisées par deux et limitées à 7 500 €.

 

Pourtant dans un autre temps

Le papier s’est révélé une arme essentielle à sa survie. Et plus précisément la fabrication de faux papiers d’identité.

Au temps de la résistance et de la déportation, des spécialistes confectionnaient des faux papiers, identiques aux vrais à s’y méprendre. Une identité créée de toute pièce était fournie à ceux qui avaient besoin de changer de nom et d’apparence. Secrétaires de mairie, graveurs et imprimeurs étaient les complices de cette manipulation, certes à haut risque, mais répondant à leurs idéaux.

 

Stéphanie Rivier, mise en mots par Cécile Douay

Rédactrice Web pour Mille et Une Feuilles


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