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Tous ces papiers éphémères (1) : le papier à ci...

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Tous ces papiers éphémères (1) : le papier à cigarettes

Tous ces papiers éphémères (1) : le papier à cigarettes

C’est indéniable, même à l’ère du numérique, le papier fait partie de nos vies, et bien au-delà de nos précieux cahiers, blocs-notes et petits carnets...

Mille et Une Feuilles vous embarque dans une nouvelle série passionnante à la découverte des papiers éphémères qui peuplent notre quotidien, parfois même là où on ne les attend pas.

 

Connaissez-vous un papier à la fois très léger et ultra-résistant, poreux mais aussi bien blanc, particulièrement élaboré et pourtant neutre au goût ? Vous pourriez répondre que cela ne peut exister. Toutefois, les papetiers ont réussi à relever tous ces challenges techniques, à résoudre tous ces paradoxes pour créer le … papier à cigarettes tel que nous le connaissons aujourd’hui.

Le papier à cigarettes, c’est le papier de tous les défis !

 

La résistance

Si sa légèreté nous paraît évidente, le papier à cigarettes se doit d’être tout autant solide. Livré aux fabricants de cigarettes en bobines de 6 000 à 8 000 mètres de long, il devra résister sur les chaînes de production, à la traction, à la déchirure et à l’éclatement. Mais aussi à la cadence infernale de 10 000 unités en moyenne fabriquées à la minute !

La résistance du papier à cigarettes est obtenue grâce aux fibres textiles utilisées pour la pâte à papier : du chanvre en France, du lin aux États-Unis. Des fibres longues « mais pas trop », mélangées à des fibres courtes…

Ensuite, la pâte devra être répartie de façon homogène sur la machine à papier, sans qu’un trou ne se forme, alors que le grammage n’est que de 25g/m².

Voyez déjà comme la fabrication du papier à cigarettes est question de prouesses techniques !

 

La blancheur et l’élégance

Le fumeur occidental voulant fumer avec distinction, le papier à cigarettes se devra d’être bien blanc. Alors pour blanchir le mélange, on ajoute du carbonate de calcium, un composant proche de la chaux.

L’élégance du papier à cigarettes passera aussi par son aspect velouté, obtenu grâce au procédé dit « vergé presse » qui, appliqué directement sur les rouleaux de presse au moment de l’essorage, imprimera les vergeures sur le papier.

 

La porosité

Le papier à cigarettes doit également présenter une autre grande spécificité : sa synchronicité de combustion avec le tabac. Il doit donc être poreux, afin d’apporter l’oxygène nécessaire à la combustion du tabac. C’est ici qu’intervient la contradiction avec le besoin de blancheur, qui requiert une opacité totale.

Lors de la fabrication, on adjoindra ainsi des sels pour améliorer sa capacité à brûler.

Une nouvelle performance accomplie !

 

La neutralité du goût

Parmi toutes ces exigences, le papier à cigarettes doit surtout… se faire oublier ! Afin de laisser le goût du tabac s’exprimer, imprimant tout au plus une légère note sucrée et boisée… Ce qui exclut l’ajout de colle, habituellement utilisée pour le papier d’impression.

 

L’Histoire

Terminons avec un peu d’histoire… Ce papier de grande qualité, inventé par les Espagnols, a fait son apparition en France sous la Restauration. Son expansion a été rendue possible grâce à  Napoléon III au milieu du 19e siècle, ce qui a permis à la France de développer un savoir-faire papetier reconnu dans le monde entier. Jusqu'en 1935, les industriels français fournissaient les États-Unis et près de 80% du papier à rouler dans le monde.

 

Auriez-vous imaginé, que ce petit bout de papier recelait de propriétés physiques aussi exemplaires, avant de partir si rapidement - le temps d’une cigarette - en fumée !

 

Cécile Douay

Rédaction articles de blog


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